Le secret des chansons de Madonna

 

Le dernier livre de Daniel Ichbiah : Les Chansons de Madonna

Ecrivain, Daniel Ichbiah est l’auteur de plusieurs best-sellers dont deux n°1 : Les 4 vies de Steve Jobs et Les chansons des Rolling Stones.

Il est aussi rédacteur en chef des magazines Comment ça marche et Tout le Savoir.

Aujourd’hui, il nous accorde une interview exclusive afin de nous présenter son dernier livre : « Les Chansons de Madonna » que j’affectionne particulièrement !

 

Bonjour Daniel. Pourquoi un énième livre sur Madonna ?

 

Parce qu’il m’est apparu qu’en tant qu’artiste, Madonna est sous-estimée, en partie par le fait que

c’est une chanteuse « à tubes ».

C’est un peu comme pour ce qui s’est passé avec Alfred Hitchcok que la critique a longtemps boudé du fait que c’était un cinéaste à succès. Puis avec le recul, il a été réalisé qu’il avait un talent authentique de metteur en scène, ce que François Truffaut a brillamment concrétisé avec son livre d’entretiens avec Hitchcock.

Pour ce qui est de Madonna, avec le temps, il se dessine un vrai tracé, un parcours avec des méandres, des sinuosités, des phases… Un peu comme un peintre à la Picasso.

Par ailleurs, on ignore souvent qu’elle écrit elle-même les paroles de ses chansons, enfin d’un grand nombre d’entre elles et qu’elle y expose des thèmes forts : en 2003, avec ‘American Life’ alors que l’Amérique de Bush se veut belliqueuse et triomphante, elle dénonce le mode de vie consumériste et invite ses concitoyens à voir au-delà du superficiel, dans ‘Oh Father’ vers la fin des années 80, elle évoque les rapports difficiles qu’elle a eue avec son père…

Elle a aussi abordé des thèmes spirituels très forts.

Fondamentalement, c’est quelqu’un qui est à la recherche de l’harmonie et souhaite pacifier les rapports humains… Nous en avons eu un exemple dans son clip ‘I want to start a revolution’.

 

Pourtant, la chanteuse a souvent eu la réputation d’user et abuser de la provocation, non ?…

 

Oui mais, on pourrait dire que tout ce qu’elle fait vise à atteindre un objectif. Bien évidemment, au tout départ, lorsque elle se déhanche avec des poses ultra-ambigües sur la scène des MTV Awards en robe de mariée pour lancer ‘Like a Virgin’ en 1984 elle sait où elle veut en venir. Elle veut aguicher pour se faire connaître à grande échelle et le pari sera transformé. Du jour au lendemain, on ne parle plus que d’elle.

Toutefois, comme d’autres grands artistes, je pense notamment à Bono de U2, elle a su user de sa position de puissance pour faire passer des messages de tolérance de l’autre. L’un des meilleurs exemples est la vidéo ‘I want to start a revolution’.

Madonna exploite ouvertement sa beauté physique un peu aguichante et un look très ‘street’ parce qu’elle sait qu’elle va ainsi ratisser au plus large. Une fois qu’elle a eu notre attention, que fait-elle ? Elle fait passer un message ultra-philosophique comme quoi il ne faut jamais chercher la faute chez l’autre et que tout part de soi. C’est incroyable. C’est suprêmement intelligent.

Vous parliez de phases dans sa carrière un peu plus haut. Quelles sont ces grandes phases ?

 

La première c’est celle de la garce un peu délurée qui fait découvrir au monde son style de coiffure et de vêtements que toute une génération de filles va adopter.

En gros, Madonna montre qu’on peut créer un effet avec, comme on dit à l’époque, ‘trois francs six sous’. Elle noue ses foulards à la ceinture, s’accroche toutes sortes de breloques… C’est l’époque des chansons qui la font connaître au monde comme ‘Like a Virgin’ ou ‘Into the groove’, et celle de ce film qui donne des frissons : Recherche Susan ddésespérément.

 A lui seul, ce film représente une ode aux années 80 et à ce style hyper particulier de l’époque, très vivant, très joyeux et hyper coloré par comparaison à ce que nous voyons aujourd’hui. Franchement, quand je revois certaines photos de l’époque, je n’en reviens pas de la liberté de ton que nous avions ;-))

Pour ce qui est de Madonna, une autre fille lui succède bientôt, plus axée sur la réflexion sociale, familiale ou autre avec des chansons comme ‘Papa dont preach’ où elle dit qu’elle va garder l’enfant dont elle est enceinte, ce qui prend à contre-pied les féministes des années 70 ou encore ‘Like a prayer’ avec un clip où elle dénonce l’intolérance tout en mettant à contribution un étrange mélange de religion et de sensualité.

Le début des années 90 la voit aller à fond dans le trip sexe, et c’est peut-être la période qui nous met le plus mal à l’aise avec le recul car elle y va à fond, sans aucune retenue. Le clip de ‘Justify my love’ demeure presque inégalé en la matière.

Et puis, nous avons eu fin 1994 une nouvelle Madonna, plus apaisée, plus raffinée, une femme mature à même de nous séduire avec des ballades comme ‘Secrets’ ou ‘Take a bow’.

Les années qui ont suivi correspondent sans doute à ce qu’elle a fait de plus brillant. Elle a tourné dans Evita, est devenue maman, a découvert la philosophie de la Kabbale, et a sorti son album le plus réussi au niveau artistique, Ray of Light, ce qui a donné lieu au passage à ses clips les plus fascinants, notamment celui de ‘Frozen’. Nous avons alors une femme qui a la quarantaine et s’assume. Elle rayonne d’une beauté intérieure et on sent qu’elle a trouvé une sorte de paix.

A partir des années 2000, ça se corse un peu. Des jeunettes sont arrivées et menacent sa suprématie : Britney Spears, Lady Gaga, Miley Cirrus… A tort ou à raison, Madonna a choisi de se battre sur le même terrain, celui de la musique de clubs. Nous avons eu de très belles réussites comme ‘Music’ ou ‘Hung up’. Mais au final, le fan de base est un peu dérouté. Je pense que le territoire de la dance est trop limité pour elle. Il faut qu’elle élargisse à nouveau sa palette comme au temps de Ray of Light. Donc, son nouvel album est fort attendu : est ce qu’elle va à nouveau ratisser large ou se concentrer dans le combat contre Lady Gaga ? J’espère qu’elle va choisir la première option.

 

Quand on vous écoute parler, on sent une vraie adulation pour Madonna. Est-ce que le fan ne prend pas un peu le dessus sur l’écrivain ?

 

J’espère que non… En tout cas, c’est vrai qu’il y a un vrai attachement pour elle, qui elle est, ce qu’elle représente, les messages qu’elle fait passer. Ceux qui l’ont côtoyée – je pense au DJ français Martin Solveig ou son boyfriend récent Zaibat – témoignent de sa simplicité, dans le bon sens du terme.

Elle est ‘nature’, ne se la joue pas, demeure toujours pleine d’amour envers les autres. En réalité, elle donne l’impression de s’abreuver de l’amour de son public et de renvoyer cet amour vers eux.

Bref, entre Madonna et nous, c’est une histoire d’amour !

 

Merci beaucoup Daniel pour toutes ces révélations et écoutons maintenant,  « Frozen »,  l’une de vos chansons préférées !

 

 

 

 

 Les autres best-sellers de Daniel Ichbiah

 

Les Rebelles Numériques aux éditions First
17 portraits de marginaux ou millionnaires qui  inventent le monde du futur…
Les Rebelles Numériques de Daniel Ichbiah et Jean Martial Lefranc aux éditions First

 

 

 

Biographie de Steve Jobs – Les 4 vies de Steve Jobs – Daniel Ichbiah

 

 Sources : Interview de  Daniel Ichbiah par Marie Da Cruz

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Marie Da Cruz Écrit par :

Marie Da Cruz est Auteure, Rédactrice Web, Blogueuse sur le Bien-Etre, le Bonheur, le Couple, la Famille, les Enfants, le Développement personnel et tout ce qui peut rendre Heureux !

2 Comments

  1. 17 septembre 2014
    Reply

    je m’attendais à un bio de plus qui se perdrait parmi tant d’autres mais il a su donner une autre facette de la Madonne et j’ai adoré le lire! 🙂

    • 17 septembre 2014
      Reply

      Merci JulieV pour ton commentaire et effectivement, c’est tout ce que l’on ne connait pas vraiment de Madonna qui est dévoilé dans ce livre !

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